03 mars 2022

#16

 Auto-dissolution

 

Dans son blog-journal pour l’année 2020-2021, à la date du 22 janvier, Eric Chevillard fait part de son étonnement linguistique en ces termes : « UN ovule… franchement ! L’écriture inclusive ne peut rien pour ce malheureux ? »

Des réactions indignées de protestation ayant été émises sur les réseaux sociaux, l’écrivain a cru bon d’informer aussitôt son lectorat via son blog des conséquences néfastes de sa « blague » sur sa notoriété : « […] j’apprends à l’instant que le comité directeur m’a démis de toutes mes fonctions au sein de l’Association des Amis d’Eric Chevillard dont je demeure cependant, ultime concession à mon amour-propre, membre honoraire. »

Après un moment d’espoir (« j’ai reçu ce matin un carton de l’Association des Amis d’Eric Chevillard qui organise un pot pour fêter mon départ. C’est gentil. Je crois que je vais y aller »), et une question restée lettre morte (« Qui va me remplacer à la présidence de l’Association des amis d’Eric Chevillard ? »), l’auteur déchu se rend sur le lieu de la fête : « Bon, il faut vous le dire en quelle langue ? Vous sortez maintenant ! me lança le vigile du siège de l’Association des Amis d’Eric Chevillard. Et, joignant le coup de pied au cul à la parole, il m’a flanqué dehors ! »)

 

Source : L’Autofictif nu sous son masque, L’arbre vengeur 2022, p. 99-100