Terf
Admis en juin 2022 par l’OED (Oxford English Dictionary), le mot terf est un acronyme pour “trans-exclusionary radical feminist”. Dans les pays de langue anglaise, c’est désormais un terme péjoratif désignant une femme, féministe ou non, qui persiste à penser que les femmes transgenre, si respectables soient-elles, ne sont pas identiques aux personnes nées femmes et ayant vécu ainsi toute leur vie.
Le mot même de “woman” est verboten dans les milieux féministes de l’extrême gauche américaine. Il est remplacé par des circonlocutions telles que menstruators, bodies with vaginas ou birthing people (personnes qui donnent naissance), réduisant les personnes concernées à un de leurs organes et à une de leurs fonctions, à l’instar de la droite la plus conservatrice. Planned Parenthood (le Planning familial américain) a banni le mot women de sa page d’accueil. L’ACLU (American Civil Liberties Union), attachée depuis 1920 à la défense des droits de l’homme et notamment ceux des femmes, s’est indignée le mois dernier de la probable abrogation de Roe v. Wade (l’arrêt de la Cour suprême des USA qui, en 1973, avait affirmé le droit à l’avortement), laquelle constitue à ses yeux une menace pour “the Black, Indigenous and other people of color, the L.G.B.T.Q. community, immigrants, young people.” Oubliant au passage le principal groupe touché, qui représente 50% de la population mondiale.
Dans un monde où l’identité sexuelle est une question de choix, les femmes comme catégorie biologique n’ont plus leur place. « D’aucuns pourraient considérer cela comme un effacement (erasure) », conclut la journaliste Pamela Paul.
Source : Pamela Paul, “The Far Right and Far Left Agree on One Thing: Women Don’t Count”, The New York Times, 3 juillet 2022. Voir aussi notre chronique #17
