Un Petipa pour l’humanité
Berlin, hiver 2021
L’hiver dernier, 2021, les amateurs berlinois de Piotr Ilitch Tchaïkovski furent privés du ballet de Casse-Noisette. Christiane Theobald, alors directrice par interim du Staatsballet, jugeait en effet que certains éléments du traditionnel Nussknacker « posent problème ».
Plus que la musique du compositeur russe, c’est la chorégraphie, signée par le Marseillais Marius Petipa pour la création du ballet en 1892 au théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, qui était dans le collimateur de la Kulturmanagerin. Sont plus précisément jugées problématiques deux danses exotiques du Royaume des Délices à l’acte 2 : la danse chinoise du thé et la danse arabe du café. La sensibilité des spectateurs pourrait être blessée par la représentation de poussiéreux stéréotypes ethniques.
Mais certains n’apprécient pas qu’on décide à leur place de ce qui pourrait les blesser. La violoniste Zhang Zhang n’y va pas avec le dos de ses baguettes : « Ceux qui prétendent que Casse-Noisette est raciste envers les Chinois sont ignorants et arrogants : les compagnies chinoises le présentent régulièrement au public chinois ; le véritable acte raciste, c’est l’interdiction de ce ballet en notre nom. »
Source : Le Figaro, 1er décembre 2021
