26 février 2022

#11

Contenu explicite

New York, janvier 2022

 

Sur les marches du Musée d’histoire naturelle de New York (AMNH) une statue équestre du 24e président des États-Unis était installée depuis 80 ans. La ville a décidé de la déplacer.  Non pas à cause des spectaculaires testicules du cheval exposés à la vue des enfants qui franchissent les portes de l’établissement, mais parce que le monument « visually supports the thematic framework of colonization and racism » ou, en des termes un peu moins jargonnants, parce qu’il « explicitly depicts Black and Indigenous people as subjugated and racially inferior ».

 

Peu importe l’intention du sculpteur James Earle Fraser, qui avait cru que les deux figures armées dont il avait flanqué le cavalier représentaient non des individus mais « les continents de l’Afrique et de l’Amérique », tout en exprimant « l’amitié de Théodore Roosevelt pour toutes les races ».

 

Au-delà de l’ambiguïté, voire la maladresse de l’allégorie, c’est la personne du 24e président qui est « problématique ». Qu’il ait été à l’origine de la création des parcs nationaux américains ne doit pas faire oublier que les premiers occupants de ces territoires en avaient été expulsés. Qu’il ait été en 1901 le premier – et le seul avant 1942 –  à inviter un homme noir à la Maison Blanche (son ami Booker T. Washington, le défenseur des droits des Afro-Américains) ne saurait le laver du soupçon d’avoir partagé le racisme dominant de son époque. Lincoln lui-même n’y échappera pas.

 

Source : The New York Times, 25 juin 2020 ; New York Post, 19 janvier 2022

 


Enlèvement nocturne