Take me out (to the ball game)
Washington DC, 2020 ; Cleveland, Ohio, 2022
Aux États-Unis, les équipes de sport professionnelles déménagent souvent, emportant leur nom avec elles. Personne ne s’étonne donc que les basketteurs de Los Angeles se nomment les Lakers, souvenir du Minnesota, « l’État aux 10 000 lacs », que la franchise a quitté en 1960. Dans ces cas-là, il s’agit d’affirmer une continuité, une fidélité quelque peu incongrue à des origines oubliées.
Mais on a pu observer récemment un mouvement en quelque sorte inverse, puisqu’il vise à couper le lien avec un passé désormais honteux. Ce sont d’abord les Redskins, glorieuse équipe de la NFL (ligue de football américain), qui annoncent en 2020 qu’ils abandonnent un nom et un logo jugés offensants envers les peuples autochtones. Ils seront, provisoirement, la Washington Football Team
La MLB (Major League Baseball) n’est pas en reste. Voici que les Indians de Cleveland renoncent au nom qu’ils portaient depuis 1900. Déjà, Chief Wahoo, le logo centenaire, représentation stéréotypée d’un homme des « first nations », avait été décousu des uniformes. Ce sont donc les Guardians qui joueront dans Progressive Field, dont le beau nom ne célèbre pas l’avancement de la cause des minorités ethniques opprimées, mais une compagnie d’assurances, Progressive Corporation, qui a déboursé pour ce naming 57 millions de dollars.
Source : la presse américaine