16 mars 2022

#22

Nettoyage académique intégral

Genève, juin 2016 et Thèze, Béarn, juillet 2021

À la différence de l’invisibilité relative de l’écrivain-fantôme, celle de la victime de plagiat n’est ni consentie, ni payée de retour. Longtemps toléré, voire confondu avec un jeu sur l’emprunt dans l’espace littéraire, le plagiat en contexte académique est clairement délictueux, mais souvent tabou quand il touche des membres du corps enseignant.

Prenant acte de la prolifération mondiale spectaculaire de plaintes de victimes déclarées (dont des doctorants présumément spoliés par leur directeur de thèse des fruits de leur travail), suivies de plaintes en diffamation des mis en cause contre leurs accusateurs, l’université de Genève a créé en juin 2016 l’Institut de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat Académiques aux fins d’examiner les « méconduites scientifiques et technologiques » des « délinquants de la connaissance » et de « nettoyer » la production scientifique des falsificateurs dont quatre profils-types sont dressés : le manipulateur, le fraudeur, le bricoleur et le tricheur.

Pour donner plus de visibilité à ce geste d’assainissement, l’IRAFPA a créé un diplôme de « conseiller en intégrité », promu auprès des universités européennes la « jeune discipline des Sciences de l’intégrité », et organise colloques (Coïmbra 2022), et universités d’été. À Thèze, dans le Béarn, en juillet 2021, onze universitaires ont pratiqué collaborativement le « théâtre pédagogique de l’intégrité avec masques et jeux de rôles ». Pour libérer « avec bienveillance et empathie » tous les refoulés d’omerta.

 

Source : vidéo programmatique de l’IRAFPA, janvier 2022