Tourner autour du pot
Bruxelles, 2007-Vevey, 2017
Depuis 2007, obéissant à une loi européenne qui réglemente les « allégations santé » de certains aliments, Danone a renoncé à promouvoir les effets bénéfiques supposés de ses produits Activia, après avoir dû abandonner en 1991 la marque Bio, en raison d’une précédente directive. Mais ce ne sont pas les seules disparitions que l’on a cru observer ces dernières années sur les pots de yaourt. En 2017, Lidl, Nestlé, Carrefour et Danone sont accusés d’avoir éliminé les croix sur l’emballage de leurs gammes respectives de yaourts à la grecque. Les deux coupoles de l’Anastasis, la célèbre église orthodoxe du village d’Oïa dans l’île de Santorin, sont en effet allégées de leur croix.
Application littérale des règles nationales relatives à la laïcité, au moment où, par ailleurs, le débat fait rage sur la présence de crèches de Noël dans les mairies, et sur la présence des signes ostentatoires religieux dans les écoles de la République ? Non. Les géants de l’agro-alimentaire ont-ils cédé devant les protestations de l’Église orthodoxe grecque contre cette appropriation culturelle ? Non plus. Scrupule chrétien (pour éviter de jeter les croix, lorsque les pots vont à la poubelle) ? Peu probable.
Vertement interpellé par une députée française, Nestlé assure que les croix n’ont pas été supprimées, pour la bonne raison qu’elles étaient déjà absentes du visuel en 1990, année de l’introduction de ces produits en grande surface. Pas sûr que l’argument convainque ceux qu’inquiète la supposée christianophobie ambiante, qui se consoleront en faisant provision des yaourts de l’enseigne belge Delhaize, par exemple.
Source : « La députée LR Valérie Boyer part en croisade contre la “disparition” des croix sur les yaourts grecs », Marianne, 13 septembre 2017.
