Dé-graffons l’infâme
Napoli, quartieri spagnoli
À Naples, depuis quelques années, le street art s’est greffé sur la coutume ancienne, pour ne pas dire antique, d’honorer les morts. Et chaque famille a les siens. 15 000 lieux de la ville sont ainsi investis par des fresques murales célébrant des délinquants, en lien principal avec la Camorra. Défenseurs du patrimoine artistique vivant et du respect dû aux défunts sont unis autour de la préservation des lares domestiques, des panneaux réalistes et des graffs contemporains.
Depuis juin 2021 cependant, préfecture de police et conseil régional de Campanie mènent une action de dépose et d’effacement de ces fresques, au motif qu’il n’y a pas à célébrer le crime et qu’il vaudrait mieux utiliser la même technique pour honorer la mémoire des victimes.
Deux obstacles à l’élimination des fresques d’infâmes persistent : Ugo Russo, délinquant de 15 ans, abattu en flagrant délit par un policier, relève bien du slogan « Verità e giustizia » apposé sous sa fresque, mais dans quel camp ? Montrer le visage de l’infâme pourrait avoir aussi un pouvoir de dissuasion.
Source : Stampa Torino, juin 2021








